Les ruisseaux et rivières subissent un phénomène de nivellement, le sable colmate les caches sous les roches et couvre les frayères. Il est important d'aider la nature en faisant un apport de roches là où elles manque et de gros graviers de la taille optimale pour un meilleur rendement qualitatif et quantitatif.

Etude pour déterminer la meilleure granulométrie « Le Pêcheur de France »

Le garde-pêche fédéral, Jean-Paul Boureau a cherché à déterminer quel type de granulats convient le mieux à la reproduction de la truite. Pour ce faire, il a réalisé quatre frayères dans des bassins en béton identiques (7 m sur 0,70 m> : Les frayères proprement dites étaient placées entête de bassin, à 2,50 m dune arrivée d’eau; un piège était installé 80cm à laval de chaque frayère, pour comptabiliser les alevins. Seule la granulométrie variait:

  • Bassin 1 : un mélange de sable et de cailloux prélevés en rivière, dans le Lizant, à Civray. Diamètre: de l à 100 mm.
  • Bassin 2 : du gravier grossier mélangé à de la mignonnette (des cailloux de fond d’aquarium), Diamètre: de l0 à 20mm
  • Bassin 3 : du gravier calibré de 20 à 40 mm de diamètre.
  • Bassin 4 des galets calibrés de 40 à 60 mm de diamètre.

En provenance d’une souche du Massif central, les oeufs fécondés ont été mis en incubation en décembre 1997, à raison de 1 000 oeufs par frayère, dans les conditions suivantes: Débit d’eau identique, profondeur : 7 cm, Lame d’eau de 14cm d’épaisseur.

Les meilleurs résultats ont été obtenus dans le bassin 4, avec un taux de reprise au stade alevin à vésicule résorbée de 46,9% ; suivi par le bassin 3, avec 42,9%, puis le bassin 2, avec 30,4%.

Quant au bassin 1, celui dont les matériaux provenaient d’une rivière proche, les premiers alevins sont sortis au 43e jour, ce qui était bien trop tôt; D’autant plus qu’ils étaient encore vésiculés. Le taux de réussite n’a été que de 14,6%.

Capacité d’accueil ou "biotique ".

La période la plus critique pour l’alevin est celle où, sa vésicule étant résorbée, il émerge des graviers de sa frayère sa vessie natatoire étant encore vide, son corps est dense et sa nage maladroite, avec un angle important par rapport à l’horizontale cela le rendrait extrêmement vulnérable aux prédateurs si ces premiers pas ne se passaient pas durant la nuit (BAMS, 1970) (Il est à noter que l’anguille est aussi un prédateur essentiellement nocturne), Ce n’est que lorsqu’il aura pu gober un peu d’air et gagner des zones peu profondes à courant modéré que commencera véritablement sa vie d’alevin.

Dés ses premiers jours de vie libre, l’alevin commence à saisir des particules, alimentaires ou non, apportées par le courant; il se tient normale­ment près du fond, en un endroit bien précis (prés d’une pierre par exemple), d’où il peut surveiller les alentours immédiats. Parallèlement aux pre­mières sorties dans ces alentours, apparaissent les premiers signes d’agressivité (posture de menace et morsures); l’alevin prend ainsi possession d’un certain territoire, d’une surface de 3 à 4 dm2, qu’il défend contre ses congénères. A mesure qu’il grandit, l’alevin étend ses prétentions territoriales, au besoin en repoussant ou en éliminant, après menaces ou combats, certains de ses voisins.

Lorsque le fond est caillouteux et irrégulier, la dimension des territoires est généralement moindre que s’il est lisse, offrant peu d’obstacles à la vue de l’alevin. La turbidité de l’eau et la vitesse du courant jouent également un rôle. La mosaïque des territoires a donc une densité variable non seulement selon l’âge (et la taille) des poissons, mais aussi selon certains caractères de l’habitat. Quant aux alevins n’ayant pu acquérir ou défendre un territoire adéquat, ils devront soit rester confinée dans des interstices où ils mourront bientôt d’inanition, soit se tenir assez loin du fond, sans emplace­ment bien défini, soit émigrer, le plus souvent vers l’aval.

La limitation de la densité d’alevins ou de truites par compétition territo­riale et alimentaire est évidemment fonction de l’habitat.

D’après MUNDIE, 1970, le cours d’eau permettant d’abriter et de nourrir le plus grand nombre d’alevins doit être peu profonde (7 à 60 cm). à Courant rapide au milieu (environ 0,6 m/sec.), comportant de nombreux remous sur les côtés (après installation de petits déflecteurs dans un ruisseau expérimental on obtient 10 fois plus d’alevins de 6 mois que dans le ruisseau témoin (vitesse moyenne de l’eau 0,7 m/sec), de faible largeur (3 à 6 m), aux rives irrégulièrement boisées et comportant des abris divers et nombreux; de petites crues fréquentes, évacuant les limons, sont bénéfiques. Enfin, les bassins versants et les qualités physico-chimiques de l’eau doivent favoriser une nourriture abondante.

RUGGLES, 1966, a également montré l’effet favorable d’une alternance des courants avec des calmes; si les premiers sont surtout productifs en inver­tébrés dérivants les seconds sont plus habitables par les alevins et truitelles. La possibilité de production d’un tronçon de ruisseau expérimental comportant un courant et un calme est maximale lorsque le premier se trouve en amont du second.